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La testostérone 1/2 : l'hormone que vous croyez connaître
Hormones

La testostérone 1/2 : l'hormone que vous croyez connaître

Le rôle de la testostérone, sa circulation et les signes d'un déséquilibre.

Anaïs21 août 202610 min de lecture

📌 Cet article est la partie 1 de notre série en deux volets sur la testostérone. La partie 2 est disponible : La testostérone 2/2 : soutenir des niveaux sains, ce qui compte vraiment →

Vous connaissez sûrement la testostérone pour son association avec la virilité, les muscles et la libido. Et probablement comme une hormone avant tout masculine.

C'est en partie vrai, mais cette vision est très incomplète.

La testostérone est un androgène, c'est-à-dire une hormone stéroïdienne produite aussi bien par le corps masculin que féminin. Ses concentrations sont nettement plus élevées chez l'homme, mais elle n'est pas secondaire chez la femme : avant la ménopause, elle est produite quotidiennement en quantité au moins comparable, et probablement supérieure, à l'estradiol.

Dans les deux sexes, elle participe à la fonction sexuelle, au maintien des tissus musculaires et osseux, à la composition corporelle ainsi qu'à certaines fonctions métaboliques et cérébrales.

Ses concentrations évoluent au cours de la vie. Chez l'homme, elles sont généralement les plus élevées au début de l'âge adulte, puis tendent à diminuer progressivement. Cette évolution reste très variable et dépend aussi de l'état de santé et du mode de vie.

Chez la femme, la diminution commence plus tôt qu'on ne l'imagine. Une grande étude a observé des niveaux d'androgènes environ deux fois plus faibles à 40-45 ans qu'à 20-25 ans. Une évolution encore peu discutée en santé hormonale féminine.

Le sommeil, la santé métabolique, la composition corporelle, certains médicaments, la contraception, différentes maladies et certaines expositions environnementales peuvent également influencer sa production ou sa disponibilité.

La testostérone est un androgène. Mais qu'est-ce que cela signifie ?

Les androgènes sont une famille d'hormones comprenant notamment la DHEA-S, l'androstènedione, la testostérone et la dihydrotestostérone, ou DHT.

Ils sont qualifiés d'« hormones masculines » en raison de leur rôle dans le développement sexuel masculin. Mais les femmes en produisent également.

Chez l'homme, la testostérone est principalement fabriquée dans les testicules. Chez la femme, elle provient des ovaires, des glandes surrénales et de la conversion d'autres androgènes dans les tissus.

Sa production est contrôlée par l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique : le cerveau libère des signaux, notamment la GnRH puis la LH, qui stimulent les gonades. Les hormones sexuelles renvoient ensuite un signal au cerveau pour ajuster cette stimulation. C'est le rétrocontrôle négatif.

Ce que fait réellement la testostérone

Chez l'homme, elle participe au développement des organes reproducteurs, à la production de spermatozoïdes, à la libido et à la fonction érectile. Elle contribue aussi au maintien de la masse et de la force musculaires, à la densité osseuse, à la production de globules rouges et à la répartition de la masse grasse.

Chez la femme, elle participe au désir et à la réponse sexuels, au fonctionnement ovarien, au maintien des tissus musculaires et osseux et à la physiologie des tissus génitaux. Elle peut également être transformée localement en estradiol.

C'est donc aussi une hormone féminine, dont l'interprétation diffère néanmoins de celle de l'homme.

Une testostérone totale normale ne raconte pas toute l'histoire

Dans le sang, la testostérone circule principalement liée à deux protéines.

La SHBG, produite surtout par le foie, la lie fortement et limite sa disponibilité immédiate. L'albumine la lie plus faiblement : cette fraction peut se détacher plus facilement. Enfin, une très petite partie circule librement et peut accéder directement aux récepteurs aux androgènes.

La testostérone libre et celle liée à l'albumine sont dites biodisponibles. La testostérone totale correspond à l'ensemble des fractions.

Une testostérone totale normale peut donc coexister avec une SHBG élevée et une fraction libre plus faible. La mesure totale ne renseigne pas toujours sur la quantité réellement disponible.

Reconnaître un manque de testostérone chez l'homme

Chez l'homme, un déficit pathologique porte le nom d'hypogonadisme. Il repose sur l'association de symptômes compatibles et de concentrations basses, confirmées par au moins deux dosages matinaux.

Les manifestations sexuelles sont généralement les plus évocatrices :

  • diminution persistante du désir ;

  • réduction des érections spontanées ou matinales ;

  • difficultés à obtenir ou maintenir une érection ;

  • altération de la production de spermatozoïdes et de la fertilité.

D'autres signes peuvent apparaître : diminution de la masse et de la force musculaires, augmentation de la masse grasse, réduction de la pilosité, fragilité osseuse, anémie, baisse d'énergie ou humeur plus dépressive.

La disparition persistante des érections matinales peut orienter, sans suffire au diagnostic : le sommeil, la santé vasculaire, certains médicaments et d'autres pathologies peuvent aussi les affecter.

Et chez la femme ?

Chez la femme, l'interprétation peut être plus complexe.

Une baisse du désir, de l'excitation ou du plaisir, une fatigue persistante, une perte de force ou une récupération plus difficile peuvent être associées à des niveaux plus faibles d'androgènes.

Mais contrairement à l'homme, il n'existe pas de seuil biologique unique permettant de diagnostiquer un déficit en testostérone chez la femme. Aucun dosage ne peut, à lui seul, expliquer une baisse de libido.

Les données thérapeutiques les plus solides concernent certaines femmes ménopausées présentant un trouble persistant du désir sexuel, après évaluation des autres causes possibles. Elles ne permettent pas de présenter la testostérone comme un traitement général de la fatigue, du brouillard mental ou de la perte de muscle.

Peut-on aussi avoir trop de testostérone ?

Chez la femme, l'excès d'androgènes peut se manifester par une acné persistante, une pilosité plus importante, une chute de cheveux de type androgénétique, des cycles irréguliers ou absents et des troubles de l'ovulation.

L'hyperandrogénie est l'une des manifestations centrales du syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SMOP, anciennement SOPK), la situation clinique la plus fréquemment associée à ce profil. Certaines pathologies ovariennes ou surrénaliennes peuvent aussi augmenter fortement les androgènes.

Des signes soudains, rapidement progressifs ou accompagnés d'une virilisation nécessitent une évaluation médicale. Le changement de nom du SOPK en SMOP a été annoncé en mai 2026 afin de mieux refléter les dimensions endocriniennes et métaboliques du syndrome.

Chez l'homme, un excès spontané est beaucoup plus rare. Les concentrations très élevées sont surtout observées lors de l'utilisation de testostérone exogène ou de stéroïdes anabolisants. Elles peuvent favoriser l'acné, augmenter l'hématocrite, perturber l'humeur ou le sommeil et freiner la production naturelle de testostérone et de spermatozoïdes.

La testostérone extérieure réduit en effet les signaux LH et FSH envoyés aux testicules : la production intratesticulaire ralentit et la fertilité peut être fortement affectée, même parfois après l'arrêt de la prise.

Les hommes ont-ils aujourd'hui moins de testostérone qu'avant ?

Plusieurs études ont observé des niveaux moyens plus faibles chez des hommes de même âge appartenant à des générations plus récentes. Cela ne concerne pas nécessairement tous les hommes, mais suggère que le vieillissement n'est pas le seul facteur en jeu.

La diminution de la testostérone n'a généralement pas une cause unique. Elle peut refléter une modification de sa production, de la commande envoyée par le cerveau aux testicules, de son transport dans le sang ou de l'état de santé général.

Le sommeil

Chez l'homme, la testostérone augmente pendant le sommeil et atteint généralement ses concentrations les plus élevées le matin.

Dans une petite étude menée chez de jeunes hommes, une semaine limitée à cinq heures de sommeil par nuit a réduit la testostérone diurne d'environ 10 à 15 %. Pour mettre ces chiffres en perspective, cela représente un vieillissement physiologique standard sur une période de 10 à 15 ans. Le sommeil fragmenté et l'apnée obstructive peuvent également perturber ce rythme.

Le stress chronique et le manque de récupération

Un stress prolongé peut perturber la communication entre le cerveau et les gonades. Il agit aussi indirectement en dégradant le sommeil, la récupération, la libido, les habitudes alimentaires et la santé métabolique.

La santé métabolique et la composition corporelle

L'excès de masse grasse, particulièrement abdominale, est fréquemment associé à des concentrations plus faibles chez l'homme.

Le tissu adipeux contient de l'aromatase, qui transforme une partie de la testostérone en estradiol, mais l'insulinorésistance, l'inflammation et les modifications de la commande hormonale interviennent également.

Un cercle peut alors s'installer : la mauvaise santé métabolique contribue à réduire la testostérone, tandis qu'un véritable déficit peut compliquer le maintien de la masse musculaire.

Les apports énergétiques et nutritionnels

La testostérone est synthétisée à partir du cholestérol. Un apport énergétique insuffisant, des régimes très restrictifs ou une alimentation excessivement pauvre en lipides peuvent perturber sa production.

Un statut insuffisant en zinc ou en vitamine D peut aussi être associé à une fonction hormonale moins favorable. Une consommation importante ou régulière d'alcool peut enfin affecter la fonction testiculaire, le foie, le sommeil et la santé métabolique.

Les médicaments et les hormones exogènes

Certains opioïdes, glucocorticoïdes et traitements agissant sur l'axe hormonal peuvent réduire la production de testostérone ou modifier sa disponibilité.

Chez la femme, les contraceptifs oraux combinés diminuent en moyenne la testostérone totale et libre tout en augmentant la SHBG. Cette modification biologique est bien établie, mais ses conséquences varient d'une femme à l'autre. À noter que cette augmentation de la SHBG peut persister plusieurs mois après l'arrêt du contraceptif.

Les perturbateurs endocriniens

Certains composés présents dans les plastiques, les cosmétiques, les emballages, les pesticides ou l'air intérieur peuvent interférer avec le système hormonal.

Les bisphénols, les phtalates, certains parabènes et les microplastiques n'agissent pas tous de la même manière. Selon les substances, ils peuvent modifier la production, le transport, la transformation ou l'action des hormones.

Les données humaines restent complexes, notamment en raison des expositions multiples. L'enjeu concerne davantage leur accumulation que l'effet d'un produit isolé.

Ce que mesure Lucis

La testostérone ne s'interprète jamais isolément.

Sa valeur dépend de la quantité produite, de la fraction réellement disponible, du fonctionnement de l'axe hormonal et du contexte métabolique. C'est pourquoi Lucis l'analyse aux côtés de marqueurs complémentaires : testostérone totale et libre, SHBG, DHEA-S, estradiol, LH, FSH, prolactine, fonction thyroïdienne, glycémie, HbA1c, insuline, vitamine D et statut en fer.

L'objectif n'est pas simplement de déterminer si un taux se situe dans une norme, mais de comprendre ce qu'il signifie dans son contexte et quels facteurs peuvent contribuer aux symptômes ou aux variations observées.

L'épisode de podcast

Bastien Intartaglia est docteur en neurosciences cognitives, spécialiste de la santé masculine et fondateur du Code Primal. Dans cet épisode, nous revenons sur ce qu'est réellement la testostérone, ce qui la fait baisser, comment lire correctement un bilan sanguin et quels leviers naturels fonctionnent.


Les informations contenues dans cet article sont proposées à des fins éducatives uniquement et ne constituent pas un avis médical. Elles ne remplacent pas une consultation avec un professionnel de santé qualifié. Lucis n'est pas un dispositif médical et ne pose pas de diagnostic.

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Écrit par Anaïs

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